Depuis les années 90, le taux de divorce chez les adultes de plus de 50 ans  a doublé et l’espérance de vie s’est allongée, ce qui fait que nous connaissons souvent plusieurs relations amoureuses de longues durées. Hors un nouveau phénomène est apparu: le LAR (Living Apart Together), vivre ensemble séparé ou couple non cohabitant (CNC) . Cette nouvelle manière de vivre son couple serait-elle la clé d’un couple uni et qui dure?

Plus d’un million de couples font logement séparé

Environ une personne sur dix entretient une relation amoureuse stable avec une personne vivant dans un autre logement. On note plusieurs cas de figure habituels:

  • le début de relation, qui correspond à une étape transitoire ou phase d’expérimentation amoureuse. Trois ans plus tard, seuls 22% de ces non cohabitants sont toujours ensemble dans cette configuration. Après six ans, ils ne sont plus que 12%. Les jeunes couples entre 22 et 27 ans sont très  peu nombreux à être encore ensemble après six ans sans avoir emménagé ensemble.
  • Pour éviter les tourments de la recomposition pour les couples qui ont des enfants,  pour des raisons organisationnelles et pour ne pas interférer dans l’éducation des enfants respectifs.
  • Par choix pour garder une indépendance et une autonomie
  • Par contraintes professionnelles qui maintient une relation à distance
  • Les séniors, qui est la catégorie la plus stable en tous points : après trois ans 6 sur 10  sont toujours en relation avec la même personne et, parmi eux, 9 sur 10 sont encore en situation de non cohabitation. Après six ans, un tiers d’entre eux sont encore en couple non cohabitant.

 

Choisir le Living Apart Together

Selon l’Ined, la moitié des couples entre 18 et 40 ans qui n’habitent pas ensemble se sépare après trois ans. Les couples séniors comme nous l’avons vu sont les plus stables, et les plus enclins à choisir de ne pas habiter ensemble.

« En couple, on doit donner quelque chose de soi, de son intimité à la fois physique et psychique », souligne Robert Neuburger, psychiatre et auteur de Les territoires de l’intime. « Ceux qui ne vivent pas ensemble ont souvent du mal à matérialiser leur relation. Finalement, quand chacun gère sa vie séparément, comme il l’entend, que reste-t-il? », interroge le psychiatre. Pour la sociologue Laura Merla,  « Le couple n’est plus l’espace de la contrainte, du renoncement ou du devoir. Au contraire, on est aujourd’hui à l’ère de la réalisation de soi ».  Le sociologue Serge Chaumier décrit le LAT comme « une opportunité d’affirmer son individualité sans l’autre. Il y a aujourd’hui une remise en question du modèle fusionnel des années 1960 où tout devait être partagé. Chaque individu peut vouloir une histoire propre et un espace séparé. Il y a dès lors, trois histoires, celles des deux conjoints et celle du couple. Parfois même une quatrième, avec l’arrivée d’un enfant ». Habiter avec son partenaire n’est pas forcément la clé de la longévité du couple: tensions, frustrations, routine, peuvent prendre le pas sur les bons moments. Vivre chacun chez soi est souvent choisi dans un désir de garder son rythme de vie, son indépendance, par peur de ne pas s’entendre et de devoir faire des concessions. Cela permet surtout de préserver le désir, d’attiser la curiosité et passer des moments qualités ensemble, des moments qui sont toujours choisis et reposent sur l’envie de se retrouver.

Mais il n’y a pas de bonne manière de vivre son couple, le couple est une invention permanente propre à chacun.  L’essentiel pour un couple, « c’est le temps que l’on passe ensemble et sa qualité. Beaucoup vivent ensemble mais ne consacrent pas réellement de temps à leur histoire. Ils la délaissent et elle finit par partir à vau-l’eau », conclut Robert Neuburger.  

 

Sources: https://rcf.fr/ http://madame.lefigaro.fr/ https://www.topsante.com/ https://www.bfmtv.com/  https://www.lexpress.fr/