L’impact du travail sur le bonheur a été clairement démontré et est devenu un sujet d’étude. Le lien entre bien-être au travail et productivité ayant été démontré, les entreprises s’intéressent de plus en plus aux facteurs influençant le bonheur des collaborateurs. De multiples baromètres et indicateurs de mesure du bonheur au travail ont fleuri de toutes parts, mais qu’apportent-ils réellement ?

l’IRB T : indice relatif de bonheur au travail

L’IRB T est un sous indice de l’IRB, créé par le canadien Pierre Coté. L’IRB est un observatoire social indépendant qui n’a pas la prétention de définir le bonheur, mais de le mesurer et d’identifier les différents facteurs qui l’influencent. Pourquoi créer un tel indice? Pour introduire le bonheur dans les réflexions sociétales et politiques, enrichir les débats et les recentrer autour de l’objectif d’une population heureuse et épanouie. L’IRB a réussi à identifier depuis 2006, 24 critères d’influence du bonheur et à leur attribuer une importance relative qui permet de les classer du 1er au 24e.

En 2016, les facteurs les plus importants avaient un lien direct avec l’emploi:

1) Pouvoir se réaliser pleinement : 36% des personnes interrogées souhaitent de pouvoir s’accomplir dans leur travail.

2) Avoir de relations saines avec ses collègues de travail : pour 29% les interactions sociales sur le lieu de travail ont un lien direct avec leur niveau de bonheur.

3) Avoir une juste rémunération : 11% des réponses ont trait au salaire

4) Avoir de la reconnaissance de la part de son employeur : 10% des mentions portent sur le management

5) Avoir des responsabilités à la hauteur de ses compétences : pour 10% des interviewés

En 2013, l’IRB a donc créé l’IRB T, un sous indice plus spécifique au bonheur au travail, et permettant aux entreprises de poser un diagnostic de leur capital humain. Le test est en libre accès en ligne, tout comme pour l’IRB. Il se base donc sur les facteurs suivants: réalisation de soi, relations de travail, reconnaissance, responsabilisation, rémunération et sentiment d’appartenance. L’IRB T augmente avec l’âge, avec le niveau de scolarité et les revenus. Il est le même, que l’on soit un homme ou une femme. l’IRB-T est particulièrement plus élevé pour les 64 – 75 ans, surement car les personnes qui travaillent encore à l’âge là sont des passionnés. Les facteurs “réalisation de soi” et “responsabilisation” augmentent beaucoup avec l’âge alors que l’on constate l’inverse pour les facteurs “relations de travail” et “reconnaissance”. Le niveau de rémunération ne semble pas avoir d’impact sur les facteurs ”relations de travail” et “reconnaissance”.

Un baromètre, et après?

Il existe des dizaines d’autres outils pour donner une mesure du bonheur au travail. Mais dans beaucoup d’entreprises des indicateurs ont été mis en place sans suivi ou prise en compte des résultats. En 2009, sur 30 entreprises ayant réalisé une démarche d’évaluation du stress, une sur deux s’est arrêtée à l’étape du diagnostic.   « Le manque de suivi génère des déceptions et frustrations énormes, qui sont contre productives et ruinent toutes les bonnes intentions et espoirs liés à la mise en place d’un baromètre » explique Iris Panissier, consultante sur la mesure du bonheur en entreprise pour la Fabrique Spinoza. Victor Waknine, Président Fondateur de Mozart Consulting, précise: « au-delà de l’outil lui-même, il faut accompagner le baromètre d’une pédagogie : informer sur l’intention, sur les engagements de l’entreprise, sur un calendrier. Sans cela, on s’expose à une lassitude au mieux – les outils et sondages se suivent sans effets – et à une colère ou à une frustration au pire – démotivation à la clé, aggravant l’état de santé de l’entreprise ».

Sources: http://www.managerattitude.fr/ http://fabriquespinoza.fr/ https://www.relyance.fr/ http://www.indicedebonheur.com/