Les études ont montré que même une activité agréable est moins appréciée lorsqu’elle a été planifiée! Faire place au bonheur, c’est aussi accepter d’alléger son agenda, pour inviter spontanéité et imprévu dans sa vie, et retrouver l’essentiel.

Le culte de la productivité

Selon un article à paraître dans la revue Current Opinion in Psychology, rédigé par Selin A. Malkoc de l’Ohio State University et Gabriela N. Tonietto de la Rutgers Business School (États-Unis), une activité planifiée est beaucoup moins agréable qu’une activité spontanée. La raison est que l’activité devient un élément sur une liste à réaliser, nous mettons dans le même sac “faire le ménage” et “prendre un café avec un ami”. « Plus une activité fait partie de notre liste de choses à faire, écrit Selin A. Malkoc, moins elle devient agréable ». Ainsi les activités normalement agréables ou amusantes sont vécues comme des corvées. Nous planifions nos activités de peur de ne pas pouvoir toutes les accomplir mais aussi pour répondre au culte de la productivité. Les gens qui ont des agendas bien remplis sont socialement valorisés. L’important c’est d’être occupé, banalisant même tout ce qu’on fait. Le seul objectif est d’accomplir la prochaine chose sur la liste. Selin A. Malkoc explique : « L’accent mis sur la productivité est si répandu que les gens s’efforcent même de rendre les loisirs productifs, et se vantent d’être occupés », dit-elle. Certains en viennent même à se sentir angoissés ou culpabilisés si leur agenda est vide.

Oser le bonheur de la spontanéité

Au cours d’une étude, 163 étudiants ont reçu un calendrier d’activités. Le premier groupe d’élèves ont dû planifier une sortie pour manger un yaourt glacé avec un ami, deux jours à l’avance. Le deuxième groupe devaient juste rencontrer un ami, et ont également mangé ce yaourt glacé, mais de manière spontanée. Les chercheurs ont ensuite interrogé les élèves. Celles et ceux qui avaient programmé cette sortie deux jours à l’avance, avaient interprété l’activité comme “forcée” et ne l’avaient pas forcément appréciée, contrairement aux autres. Tout planifier nous empêche de vivre le bonheur de la spontanéité et nous sommes souvent déçus par ce que l’on avait prévu alors que l’on pourrait se réjouir des imprévus. On perd la saveur de l’instant présent. Pour Selin A. Malkoc l’idéal est de faire une “planification approximative”. On peut  par exemple prévoir une activité mais sans forcément assigner un temps précis à cette activité. « Aussi banal que le changement puisse paraître, il a un effet important sur la psychologie humaine : il réintroduit la flexibilité dans les tâches de loisirs ». Les chercheurs conseillent également d’arrêter d’intégrer autant de choses dans nos vies. « Soyons plus sélectifs dans ce que nous choisissons de faire… prenons la liberté de laisser faire les choses. Cela ne veut pas dire que nous ne devrions jamais faire de plans, mais nous pouvons mieux prioriser et laisser aller notre peur de manquer quelque chose ». Prendre du temps pour soi permet d’être plus connecté avec ses désirs. Quand l’objectif n’est pas de TOUT faire, on apprend à choisir ce que l’on veut vraiment faire. On retourne à l’essentiel et une vie plus authentique en accord avec ses aspirations.

Sources:  http://lesinspires.com  https://www.revuegestion.ca