Les relations et en particulier les relations amoureuses, nous promettent un grand bonheur, et pourtant lorsque attachement et dépendance affective s’en mêlent, c’est la souffrance qui prend place. Est-il possible de trouver le bonheur malgré l’attachement?

La différence entre amour et attachement

Avez-vous déjà ressenti que malgré l’amour que vous portiez à l’autre, vous étiez incapable de lui manifester comme il le souhaitait, ni de le recevoir comme il vous le donnait ? Pour les bouddhistes, dès lors qu’il y a attachement, on s’écarte du bonheur et la souffrance arrive inévitablement. Dans l’attachement, notre relation à l’autre est remplie d’attentes et de projections. Nous nous accrochons à l’autre car il remplit un manque en nous, et lorsqu’il cesse de le remplir de la manière qui nous convient, nous nous sentons blessé, déçu, trahi, en colère etc… Dans l’amour nous souhaitons simplement le bonheur de l’autre, comme de n’importe quel autre être vivant et nous donnons notre amour sans rien attendre en retour. Le véritable amour n’est pas possessif, ni limité à un petit nombre de proches. Lorsqu’une dépendance affective s’installe, l’angoisse de ne plus être aimé s’empare de nous, nous rendons l’autre entièrement responsable de notre bonheur et nous nous sentons responsable du sien. Il faut alors apprendre à être heureux seul pour pouvoir goûter véritablement au bonheur d’être avec l’autre. L’amour se veut libre, stable et respectueux.

Les relations amoureuses sont un terrain d’apprentissage de l’amour de soi

Les relations de couple sont particulièrement propices à l’attachement. On peut parfois se décourager face au constat des dysfonctionnements du couple, face à l’observation de notre propre attachement. Est-il alors plus sain d’arrêter la relation ? Aujourd’hui on change facilement et rapidement de partenaires, au risque de faire de la relation amoureuse un objet de consommation. La logique voudrait qu’on s’aime soi-même et qu’on soit heureux seul pour pouvoir ensuite le partager avec l’autre. Mais c’est oublier que l’autre est là pour nous aider à grandir, c’est en expérimentant qu’on apprend.

Et pourtant l’amour est là, caché sous le poids des blessures, des masques, des stratégies de l’égo, de l’attachement et de la dépendance. Au-dessus de tous ces nuages gris, l’amour est là, permanent, il ne s’altère jamais et n’a jamais cessé de brillé. Parfois les nuages s’allègent et la relation peut se gorger un peu de cet amour véritable. Puis les nuages s’accumulent, on ne voit plus qu’eux et on en oublie de fermer les yeux et sentir ce rayon qui s’est frayé un chemin. On oublie qu’il fait jour, parce que nous ce qu’on voudrait c’est un grand ciel bleu. On accuse les nuages, alors même qu’ils sont une bénédiction. Sans la pluie, il n’existe que des déserts. Si on accepte de laisser la pluie entrer dans notre vie, c’est un jardin verdoyant qui s’offre à nous. Si au lieu de courir aux abris, nous acceptons de rester sous la pluie, nous comprenons que ce nuage c’est nous qui l’avons créé et qu’il est là pour nous montrer où nous manquons d’amour envers nous-même. Il ne s’agit pas d’aveuglement, ou d’entêtement à rester immobile sous la tempête au risque de se faire foudroyer, il faut bien sûr savoir prendre soin de soi avant tout.

Il s’agit de sentir quelle évidence résonne dans votre cœur. Parfois les chemins doivent se séparer pour permettre à d’autres expériences d’éclore, et quelque part peu importe… Peu importe la relation qu’on entretient ou qu’on n’entretient pas, peu importe la distance, le décor, l’âge, peu importe les émotions, les paroles, les actions, l’amour est au-delà de tout ça et rien ne peut vous l’enlever, pas même une séparation. Mais parfois il suffit de se prendre la main et de s’asseoir sous la pluie ensemble, prêts à grandir, prêt à s’aider respectivement à faire face à ces démons que l’autre sait si bien faire ressortir, nous offrant la possibilité de s’en libérer. Au-delà de l’apparence de l’attachement, des conflits et des doutes, il y a une entraide merveilleuse entre deux êtres, qui faute de savoir faire autrement, se guident ainsi mutuellement dans l’apprentissage de l’amour de soi et de l’autre. Comme aimait le dire Guy Corneau les relations amoureuses sont un loisir thérapeutique!

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