Avec ses Propos sur le bonheur, Alain (de son vrai nom Emile Chartier) a signé en 1925 un best-seller qui a fait le tour du monde et fait encore aujourd’hui matière de référence. Quelle était la vision du bonheur du philosophe ?

Vivre, c’est déjà être heureux

« Comme la fraise a goût de fraise, ainsi la vie a goût de bonheur », écrivait-il. Thierry Leterre, qui a écrit des ouvrages sur le philosophes, explique : « Pour Alain, le bonheur ne dépend pas de ce que l’on a mais de ce que l’on fait, de notre capacité à agir. Le bonheur est une façon de faire. » Ainsi, peu importe l’activité tant qu’on est en harmonie avec soi-même. Pour le philosophe : « le bonheur est divisé en petits morceaux » et arrive d’abord quand on ne le cherche pas. Et il ajoutait: « il est bien vrai que nous devons penser au bonheur d’autrui ; mais on ne dit pas assez que ce que nous pouvons faire de mieux pour ceux qui nous aiment, c’est encore d’être heureux. »  

Le bonheur, une décision

Le bonheur dépend d’abord d’une bonne disposition d’esprit, relevant de la volonté. Il invite donc l’Homme a exercer sa volonté car « l’homme n’est heureux que de vouloir et d’inventer ». il écarte l’idée de destin et fatalité, pour lui, l’homme doit croire puis vouloir son bonheur. Il explique que la tristesse naît bien souvent d’un déséquilibre physiologique passager entretenu par l’imagination. Pour désamorcer la tristesse, il faut commencer par prendre conscience de ce mécanisme. « La tristesse n’est que maladie et doit être supportée comme une maladie » Pour Alain, nos maux imaginaires sont bien réels, mais nous les alimentons en projetant leurs causes à l’extérieur, alors que le simple fait de reconnaître leur cause comme intérieure, les ferait disparaitre. Ce qui peut se résumer par sa célèbre formule « cherchez l’épingle »

Ecrits entre 1906 et 1926, ces « propos », découpés en 93 chapitres, étaient à l’origine des chroniques hebdomadaires qui invitaient finalement le lecteur davantage à une réflexion sur l’art de ne pas se rendre malheureux, plutôt qu’à celui de devenir heureux.

Sources: http://www.ac-grenoble.fr http://www.philo-du-bonheur.fr/ https://www.lexpress.fr/