Nous traversons tous des périodes difficiles, mais nous y réagissons de manières totalement différentes. Certains se relèvent rapidement, d’autres plongent plus profond. D’où viennent ces différences de réactions ? Les gens heureux ont-ils été simplement plus chanceux génétiquement ? Grâce à ses recherches, le professeur de psychologie (à l’université Riverside de Californie) Sonja Lyubomirsky nous apporte des réponses !

Les déterminants du bonheur

Des recherches réalisées sur des jumeaux homozygotes (vrais jumeaux) et hétérozygotes (faux jumeaux) montrent que nous naissons tous avec un « niveau de base du bonheur » vers lequel nous tendrons toute notre vie, comme si ce niveau de bonheur était notre point d’équilibre. Ce niveau de base résulte à hauteur de 50% de facteurs génétiques. Seulement 10% des variations interindividuelles dépendraient des conditions de vie (niveau de richesse, santé, relations…), ce qui va à l’encontre de l’idée répandue que les conditions de vie sont majoritairement responsables de notre bonheur. Bonne nouvelle : les 40 derniers pourcents correspondent à la possibilité que nous avons d’agir sur notre bonheur! On peut ainsi augmenter son niveau de bonheur et le maintenir au-dessus de son niveau de base. La condition ? Être prêt à consentir à faire les efforts !

Le portrait des gens heureux

Sonjia Lyubomirsky a observé les comportements des gens heureux et  propose 5 stratégies cognitives dans son livre « Comment être heureux et le rester » :

  • Se rappeler que la vie est courte : lorsqu’une ressource est limitée, sa valeur augmente,  vous devez saisir le moment qui passe comme le dernier de votre vie.
  • S’occuper du bonheur des autres : rendre un proche, un membre de votre famille ou un collègue plus heureux vous procure une grande satisfaction, un sentiment gratifiant dans votre vie.
  • Se donner des objectifs : cela offre une perspective et conditionne vos actions, structure votre vie et lui donne du sens. Plus votre objectif reflète votre personnalité, plus sa poursuite vous procure du bien-être.
  • Avoir une pratique spirituelle ou religieuse: d’après les études, celui qui a une vie religieuse ou spirituelle est plus heureux, en meilleure santé et se remet plus vite d’un malheur dans sa vie. La foi (peu importe la voie spirituelle ou religieuse) est un vrai soutien en période de crise.
  • Lutter contre la routine: Les chercheurs ont découvert un phénomène appelé « l’adaptation hédonique ». Cela signifie que l’on s’habitue vite aux changements, si bien que leur bonheur tend à revenir rapidement à son niveau initial. Le fait de s’habituer à être heureux serait l’un des obstacles majeurs à un bonheur durable. Dans une étude ayant duré 15 ans, des Allemands qui s’étaient mariés durant l’étude ont rapporté que leur niveau de bonheur avait considérablement augmenté au moment de leur mariage pour finalement revenir à son niveau antérieur environ deux ans après. Au fil des jours, les émotions positives s’estompent et nous prenons pour acquis ce qui causait notre bonheur. Il s’agirait donc de lutter contre la routine et apprécier les événements positifs. Nous nous adaptons plus lentement lorsqu’un nouvel événement positif est riche en surprises, et si nous exprimons combien nous l’apprécions.

 

Sources : http://sonjalyubomirsky.com;   www.cadre-dirigeant-magazine.com