Il y a un demi-siècle, une des nations les plus pauvres d’Europe, aujourd’hui deuxième pays le plus heureux du monde selon le classement de l’ONU: la Norvège est un pays où il ferait bon vivre! Quel est le secret du bonheur à la norvégienne?

Un système basé sur la confiance  

Selon la Première ministre : «Difficile de quantifier le bonheur, les paramètres sont subjectifs, mais je crois que cela correspond à une bonne qualité de vie. Le plus important pour nous est de trouver l’équilibre entre travail et vie de famille. Quand je dis à mes amis français que je quitte mon bureau à 16 h 30, ça leur semble inconcevable. Tout est ici basé sur la confiance mutuelle : au final, c’est la société qui doit être gagnante.». L’Etat-providence, alimenté par l’argent des hydrocarbures, assure aux Norvégiens un accès gratuit et sans condition aux soins hospitaliers, une éducation gratuite, jusqu’à l’université, ainsi que de généreux congés parentaux…  Les Norvégiens peuvent même manquer le travail trois jours par an sans certificat médical et sans prendre officiellement de congés tout en gardant leur plein salaire. Mais les gens en profitent peu voire pas du tout, loin d’eux l’idée d’abuser du système. La mentalité (influencée aussi par l’héritage du luthéranisme) est plutôt à la solidarité et l’esprit de sacrifice qui ont permis au pays de gagner son indépendance.

«La clé de notre modèle, c’est la confiance, confirme Kjell Vaage, professeur d’économie à l’université de Bergen. Elle repose sur une société homogène, égalitaire, qui redistribue les richesses. La protection sociale est solide et évite les situations de grande pauvreté, même s’il n’y a pas en Norvège de salaire minimum.» Et personne ne remet en cause les aides apportées aux plus démunis. Ni les valeurs politiques obligeant les élus à la transparence, garante de la confiance accordée par les citoyens. D’ailleurs après chaque voyage, les élus doivent consigner leur notes de frais en ligne de manière à ce que tout citoyen puisse y avoir accès. Et c’est pareil pour les contribuables, dont les déclarations d’impôts sont consultables sur internet.

L’égalitarisme comme principe fondamental

Depuis la loi de Jante l’égalitarisme est érigé en principe central. D’ailleurs les demandeurs d’asile se voient proposer des séminaires «antiviolence», où on les instruit notamment sur la place reconnue aux femmes et sur l’égalitarisme. Deux piliers de cette société avant-gardiste. Selon une étude publiée en 2013 par l’union syndicale américaine AFL-CIO, le ratio entre la rémunération moyenne des grands patrons et celle des salariés est, en Norvège, l’un des plus faibles des pays développés : de 1 à 58, contre de 1 à 104 en France, et de 1 à 354 aux Etats-Unis.

Le rapport à la nature

Le mode de vie norvégien est rythmé par les sorties au grand air. L’Association norvégienne de trekking regroupe 260 000 adhérents et anime un réseau de 500 cabanes, 20 000 kilomètres de sentiers et 7 000 kilomètres de pistes de ski. Moyennant soixante-dix euros par an, les adhérents ont droit à une clé qui donne accès à toutes les cabanes du pays, de la plus sommaire à la mieux équipée. On retrouve là aussi un principe de confiance. L’allemannsretten, droit d’accès à la nature inscrit dans la loi en 1957, permet à chacun de profiter de profiter des grands espaces, à partir du moment où il respecte la faune et la flore. 

Sources: https://lexpansion.lexpress.fr/  http://www.5plus.mu/actualite/ https://www.inc.com/bill-murphy-jr/ https://www.geo.fr/