Valeur essentielle du bouddhisme, la compassion est depuis longtemps présentée comme une clé du bonheur. Ses bienfaits sont à présent validés scientifiquement, alors comment développer la compassion ?

Qu’est-ce que la compassion?

Si on retourne à l’étymologie, compassion est composé de com-, “avec” et passio: action de supporter, souffrance. La compassion c’est donc la capacité à percevoir ou à ressentir le malheur des autres et à vouloir y remédier, entrainant solidarité et entraide. Pour le Lama Lobsanf Samten, qui fut l’élève de sa Sainteté le Dalaï-lama, “La compassion, c’est la non-violence. Vous savez que la violence est source de souffrances. Pour l’éviter, il faut appliquer le respect envers tous, toujours, sans exception, et passer outre toutes ces frontières qui n’ont aucun sens, qu’elles soient physiques, morales, religieuses…”. La compassion est inné, c’est une énergie qui nous relie aux autres tout en permettant une reconnexion à soi. C’est ressentir que comme vous, l’autre est en quête de bonheur, qu’il a connu des périodes de souffrance et de solitude, qu’il cherche à combler ses besoins et éviter ces souffrances et que comme vous, il commet des erreurs et apprend de la vie.

D’après les préceptes du Dalai Lama, la compassion peut se décliner en 3 niveaux :

  • voir l’autre comme un autre soi, avec les mêmes préoccupations, les mêmes inquiétudes que vous
  • échanger avec l’autre pour mieux comprendre sa réalité, ses souffrances, notamment grâce à la visualisation.
  • considérer l’autre comme plus important que soi, lui donner le meilleur de vous-même pour l’aider à se sentir plus heureux, faire passer son bonheur avant le vôtre

 

Compassion et bonheur

La compassion contribue à améliorer nos relations avec les gens qui nous entourent en éprouvant de l’empathie à leur égard. Elle nous permet d’être moins autocentrés, plus altruistes, mais aussi cultiver plus de bienveillance envers nous mêmes. Pour Gueshé Lhakdor, “la compassion a deux fonctions : elle fait que notre cerveau fonctionne mieux, et elle nous apporte la force intérieure – un double effet qui, ensuite, agit comme les causes du bonheur.” La compassion nous apporte un bonheur immédiat et sur le long terme. On répand du bonheur autour de soi, ce qui rend plus heureux.

Développer sa compassion

Les résultats d’une étude effectuée par des chercheurs de l’université du Wisconsin montrent que s’entraîner à ressentir de la compassion pour les autres, notamment à travers la méditation, permet de développer son altruisme. En effet, après seulement sept heures d’entrainement à ressentir de la compassion, des modifications cérébrales sont apparues chez les participants. Les personnes qui s’étaient  entraînées à la compassion se sont montrées plus altruistes par la suite. Face à la souffrance d’autrui, la zone du cerveau responsable de l’empathie était plus développée, contrairement à ceux qui ne s’étaient pas entrainés. La chercheuse Helen Weng explique l’expérience : « C’est un peu comme soulever de la fonte. En utilisant cette approche, les participants ont pu gonfler leur « muscle » de la compassion et réagir à la souffrance d’autrui avec attention et le désir d’aider. ».

Pour travailler votre muscle de la compassion, de nombreux exercices existent! Vous pouvez  par exemple vous détendre, fermer vos yeux et éprouver de la compassion pour vos proches. Lorsque vous vous serez familiarisé avec cet exercice, reproduisez-le avec des personnes neutres comme des inconnus, le facteur, un commerçant… Puis lorsque vous avez franchie cette étape, éprouvez de la compassion vis-à-vis des personnes que vous n’appréciez pas ou qui vous contrarient.

Sourceshttps://topmeditation.com// www.nicematin.com/ https://studybuddhism.com/fr// http://bonheur-ou-stress.com www.epochtimes.fr/ www.toupie.org/