Depuis l’Antiquité, les philosophes se penchent sur la question du bonheur. Mais depuis quelques années, les scientifiques se mettent également à étudier ce sujet universel, dans le but de comprendre s’il existe des facteurs qui prédisposeraient au bonheur. Alors, certains d’entre nous seraient-ils de base plus apte à être heureux ?

L’être humain ne serait pas programmé pour le bonheur

« Le pessimisme est d’humeur, l’optimisme de volonté », disait le philosophe Alain. Il rejoint en cela certains tenants de la psychologie évolutionniste, qui pensent que nous sommes plutôt enclins au malheur. Cette discipline suppose que nous avons hérité de traits sélectionnés parce qu’ils augmentent nos chances de survie. En effet, l’évolution de l’homme nous aurait dotés d’au moins trois caractéristiques augmentant nos chances de survie, mais diminuant en même temps nos chances d’être heureux :

  • La crainte et l’anxiété, qui favorisaient la survie pour nos ancêtres qui vivaient dans des milieux hostiles et devaient faire face à un grand nombre de dangers. 
  • La focalisation sur les expériences négatives et les mauvais souvenirs est aussi un moyen de nous prémunir contre les dangers futurs. Cela nous permet de nous protéger, mais pas d’être heureux, au contraire !
  • L’insatisfaction récurrente, qui nous rend toujours mécontents de ce que l’on a, est également un facteur de survie de l’espèce. C’est ce qui nous pousse à en vouloir toujours plus, à vouloir sans cesse améliorer notre condition. 

« L’anxiété rend plus vigilant aux problèmes, la peur favorise la fuite ou le combat, la colère intimide adversaires ou rivaux, la tristesse attire la compassion et solidarise le groupe », ajoute le psychothérapeute Christophe André. En somme, la nature a eu le souci de notre survie, mais pas celui de notre qualité de vie.

Mais certains seraient nés pour être heureux !

En effet, de même qu’il y a des personnalités anxieuses, dépressives ou mélancoliques, certaines personnes semblent être prédisposées au bonheur. Ce sont les optimistes, ceux qui prennent la vie du bon côté, surmontent les épreuves avec plus de facilité que les autres, sur qui le stress semble avoir peu de prise.

Alors, se pourrait-il que cette aptitude au bonheur soit génétique ? Y aurait-il des gens naturellement doués pour le bonheur ? Et bien oui des observations scientifiques semblent le confirmer ! Pour cela, c’est le taux de sérotonine qui est utilisé comme indicateur. La sérotonine, c’est l’hormone du bonheur, et elle serait inégalement répartie dans la population. Sa production dépend des expériences de la vie, mais aussi de facteurs génétiques. Il existe des personnes qui sont donc de gros producteurs de sérotonine, d’autres de petits porteurs. Et leur humeur s’en ressent.

  • Le facteur éducation : L’éducation joue un grand rôle dans la prédisposition du bonheur. En effet, il n’y a rien de plus efficace pour le bonheur d’un enfant que de voir ses parents heureux ! Quelle que soit leur situation. Rien de tel en effet qu’un papa serein et une maman enjouée pour développer la capacité d’un enfant à aborder la vie avec joie. Et il en est de même pour l’entourage proche. “ Un jeune enfant est bercé par le rapport que ses parents entretiennent avec l’existence, observe Nicole Prieur, psychologue. S’il les voit dans l’insatisfaction, l’aigreur, la rancœur, il s’en imprègne. «  Mais à l’inverse, des parents qui sourient malgré les difficultés, développent en lui la capacité de prendre la vie du bon côté. 
  • Le facteur génétique : Le professeur Davis Lykken, l’un des grands spécialistes de la génétique du comportement, a mené des recherches sur l’aptitude innée au bonheur. La  » méthode des jumeaux  » – qui consiste à comparer l’état de bien-être de jumeaux monozygotes (ayant le même capital génétique) élevés dans des milieux différents (suite à des adoptions) – lui a permis de montrer que le niveau de bien-être avait une composante génétique. Quels que soient les circonstances d’éducation, le milieu extérieur, le niveau de bien-être de ces jumeaux éloignés reste proche. Cela ne veut pas dire qu’il existe un «  gène  » unique du bonheur agissant comme seul facteur déterminant. Mais l’existence d’une prédisposition est plus parfaitement envisageable.

Pour conclure, sachez que vous soyez prédisposé au bonheur ou non, c’est quelque chose qui est accessible à tous ! Lisez les articles du blog pour vous inspirer et trouver des clefs 🙂

Source : https://www.scienceshumaines.com/l