Pour le philosophe allemand du XIXe siècle, la vie ne tend pas au bonheur, mais à étendre sa puissance. Le bonheur lui, tient à deux éléments fondamentaux: la capacité d’oubli et la réconciliation avec le malheur.

La vie ne tend pas au bonheur

Nietzsche voit la vie comme une énergie, une force vitale qui pousse tout être vivant, à étendre son pouvoir sur ce qui l’entoure. La vie  est « volonté de puissance »à la fois sous une forme créatrice, de développement, mais aussi de destruction, d’agressivité, la vie est donc ambivalente. Ainsi cette volonté de puissance n’a pas pour but de mener au bonheur. Tout être vivant est animé par un désir de puissance, non par un désir de bonheur. Pour le philosophe, le bonheur c’est ” Le sentiment que la puissance croît, qu’une résistance est en voie d’être surmontée.”

Le bonheur tient à la capacité d’oubli

Pour Nietzsche le bonheur est positif, c’est même une condition au bonheur. L’attachement au passé, nostalgie ou ressassement, ne peut mener qu’à la paralysie, oublier c’est se libérer et pouvoir agir. Il faut également oublier le futur, ne pas être trop dans l’anticipation, car ça pourrait aussi nous paralyser. L’oubli a donc un rôle double dans le bonheur : il nous rattache au présent et il permet l’accomplissement de notre puissance en débarassant l’action de ce qui pourrait l’orienter faussement et en la rendant plus efficace. “Dans le plus petit comme dans le plus grand bonheur, il y a quelque chose qui fait que le bonheur est un bonheur : la possibilité d’oublier, ou pour le dire en termes plus savants, la faculté de sentir les choses, aussi longtemps que dure le bonheur, en dehors de toute perspective historique. L’homme qui est incapable de s’asseoir au seuil de l’instant en oubliant tous les événements du passé, celui qui ne peut pas, sans vertige et sans peur, se dresser un instant tout debout, comme une victoire, ne saura jamais ce qu’est un bonheur et, ce qui est pire, il ne fera jamais rien pour donner du bonheur aux autres.” Nietzsche – Considérations inactuelles

Le bonheur: une réconciliation avec le malheur

Le bonheur, chez Nietzsche intègre l’ambivalence de la vie, il est réconciliation avec le malheur.  Pour lui, il ne s’agit pas d’éviter le malheur, par le détachement ou la sagesse mais au contraire, d’embrasser complètement ce malheur car il est un élément de la vie. Etre heureux, c’est aimer la vie avec le malheur qu’elle contient et le traverser pleinement. Cette attitude joyeuse, Nietzsche l’appelle Ja sagen, c’est-à-dire « dire oui », oui à la vie telle qu’elle est et  avancé vers son destin la tête haute.

Sources: 

http://www.philo-du-bonheur.fr/ https://la-philosophie.com/ http://etiennepinat.free.fr/