Arthur Schopenhauer est un philosophe connu pour son grand pessimisme. Pour lui le bonheur n’existe pas, mais il nous a laissé 50 règles de vie pour essayer de limiter la souffrance dans nos vies.

Une sombre vision du bonheur

Schopenhauer n’a pas été très heureux: « La vie oscille, comme un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l’ennui. » note-il dans son Journal. Il grandit dans un contexte familial très difficile: deux oncles en asiles psychiatrique, père dépressif, une mère avec qui il se fâcha et perda tout contact, une soeur qui se suicida…  Sa noirceur lui vient de sa sombre analyse de l’homme et de la société en général. Pour lui, nous vivons dans “le pire des mondes possibles”, nous sommes tous condamnés à la souffrance et prisonniers de l’illusion du bonheur. Et à ses yeux, Aristote et Epicure, La Rochefoucauld, Lao-tseu ou encore Gracián ont dit l’essentiel pour essayer de vivre une vie la moins malheureuse possible. Le bouddhisme a eu également une influence décisive sur Schopenhauer. « À dix-sept ans, je fus saisi par la détresse de la vie comme le fut Bouddha dans sa jeunesse, lorsqu’il découvrit l’existence de la maladie, de la vieillesse, de la souffrance et de la mort. » Le Bouddha enseigne que toute vie est souffrance et que cette souffrance est liée aux désirs insatisfaits des hommes. Pour supprimer la souffrance, il faut donc supprimer le désir…

Schopenhauer pointe du doigt la souffrance provoquée par la quête du bonheur, comme satisfaction de nos désirs et de nos espoirs. “Avant tout, nul être humain n’est heureux. Il aspire sa vie entière, à un prétendu bonheur qu’il atteint rarement, et quand il l’atteint, c’est seulement pour être déçu. Mais en règle générale, chacun finit par rentrer au port après avoir fait naufrage…

On pourrait alors objecter qu’on trouve notre bonheur dans les petits bonheurs quotidiens  et dans l’instant présent. Mais pour Schopenhauer, cela est impossible car notre organisme n’est, selon lui, pas conçu pour ça. Nous ne sentons pas le bonheur car « nous sentons la douleur mais non l’absence de douleur ». Ainsi, le bonheur serait “négatif”, c’est-à-dire qu’il se définirait comme une absence de souffrances, d’inquiétudes, etc.

Pourtant il nous est tous arrivé d’être heureux. Mais, selon Schopenhauer, nous nous rendons compte a posteriori que nous avons été heureux. Sur le moment il existe toujours une tension en nous due à la fragilité de ce moment, insaisissable. Le bonheur est donc passé quand nous le découvrons, et nous sommes toujours heureux quand il est trop tard.

Cinquante règles de vie pour être heureux

À sa mort, on a pourtant retrouvé dans ses notes personnelles, un petit opuscule en cours de rédaction consacré à L’Art d’être heureux.
 Mais vous l’avez compris, le philosophe ne croit pas au bonheur, pour lui il s’agit de gérer sa vie au mieux, en évitant les souffrances inutiles que l’on s’inflige à soi-même et aux autres.

Dans ses carnets, Schopenhauer présente donc « 50 règles de vie » susceptibles de rendre la vie la moins pénible possible.

Dès la première règle, il affirme que le bonheur est illusoire: « Nous sommes tous nés en Arcadie, autrement dit nous entrons dans la vie pleins d’exigence de bonheur et de jouissance, et nous avons l’espoir fou de les réaliser jusqu’à ce que le destin nous tombe dessus sans ménagement. (…) Vient alors l’expérience et elle nous enseigne que bonheur et jouissance sont pures chimères. »

La règle n° 2 conseille d’éviter la jalousie : « Tu ne seras jamais heureux tant que tu seras torturé par un plus heureux. »

On peut citer quelques autres règles:

« Faire de bon cœur ce qu’on peut et souffrir de bon cœur ce qu’on doit. »

« Limiter le cercle de ses relations : on offre ainsi moins de prise au malheur. » Car« la limitation rend heureux »

« Le bonheur appartient à ceux qui se suffisent à eux-mêmes. »

« Attends-toi au pire, et tu t’en trouveras bien quand le malheur arrivera. »

Sources:

https://www.institut-pandore.com/philosophie/schopenhauer-bonheur/

https://www.ledevoir.com/lire/530889/ils-ont-pique-notre-curiosite-le-bonheur-n-est-pas-dans-le-pre

https://www.dortier.fr/le-bonheur-selon-schopenhauer/