Le paysage, notamment rural, est l’un des éléments constitutifs du bonheur, affirment des chercheurs réunis lors de la 28e conférence du réseau PECSRL (Permanent European Conference for the Study of the Rural Landscape).

Paysage et bonheur

« De récentes études en sciences cognitives ont démontré que, si le paysage est agressé, cela vous affecte directement. On souffre quand celui-ci est attaqué. A l’inverse, quand le paysage de nature est en bon état et accessible, les gens se sentent bien psychologiquement », explique le professeur de VetAgro Sup, coordonnateur de la conférence. « Le paysage n’est pas seulement le papier peint ou l’affiche qui décorent un salon ou une chambre à coucher. Sa matérialité, comme sa perception, peuvent avoir une influence directe sur notre qualité de vie et contribuent en cela au bien-être et au bonheur », assure le géographe et agronome Yves Michelin.

La thérapie du paysage

Les travaux interdisplinaires entre médecins, architectes et paysagistes ont montré que l’environnement pouvait entrer dans le champs de la thérapie. Selon une étude réalisée en Ecosse, la fréquentation des parcs publics pendant l’enfance et à l’âge adulte peut ralentir le déclin cognitif des personnes âgées. Des résultats encore plus marqués pour les femmes et personnes issues de milieux défavorisés. « L’accès à des espaces verts peut permettre de réduire les inégalités sociales en terme de santé », explique même la directrice du centre de recherche OPENspace.

En Suède, on pratique ainsi « la thérapie du paysage », remboursée par la sécurité sociale, pour soigner les pathologies liées au stress et les suites d’AVC. Les patients sont accueillis dans un « jardin de réadaptation » de 2.300 m2 conçu par une équipe interdisciplinaire de paysagistes, psychologues et physiothérapeutes. « La thérapie est progressive. Le premier jour, le patient sera amené à observer le vent dans les arbres, à prendre conscience des bruits de la nature, le lendemain à préparer du thé avec des feuilles puis à faire des travaux de jardinage ou aller en forêt », détaille la chercheuse Helena Mellqvist.

Yves Michelin conclut: « S’il y a un message à retenir, c’est que plus on est attentif au paysage, plus on est attentif aux autres et mieux tout le monde se porte finalement ».

Sources:

http://5minutes.rtl.lu/ https://www.la-croix.com/