Ancien militaire, Grégory Mutombo a parcouru pendant 18 ans une terre en proie aux guerres et à la terreur, rencontrant l’Humanité dans ses aspects les plus sombres, mais aussi les plus éclairés. Il livre le fruit de ses expériences et sa vision du bonheur dans une conférence en libre accès sur Youtube, intitulée « les clés du bonheur ».

La recherche du bonheur à l’extérieur de soi

On a appris à voir bonheur hors de soi, dans une destination à atteindre ou dans une réalisation extérieur (rencontre amoureuse, travail, argent, reconnaissance) or le bonheur n’a rien à voir avec tout ça, selon le conférencier. Il explique que le bonheur est au-delà des émotions, c’est un état de paix, de joie, d’amour, et de sérénité, or cet état ne se goute pas par l’extérieur. Si le problème est à l’extérieur, la solution sera à l’extérieur et comme on n’a aucun contrôle sur l’autre, l’enfer commence. C’est un jeu sans fin, où l’on n’est jamais satisfait.Tant qu’on cherche à modifier l’extérieur (que ce soit notre corps physique, les autres, la société…) en pensant que si la situation change, ça amènera davantage de bonheur, on vit un apaisement momentané puis un effondrement. Cet apaisement ne vient pas de l’objet qu’on a obtenu mais de la cessation en nous de ce désir permanent qui nous amène toujours à être hors de nous.

Qu’on veuille quelque chose ou qu’on ne veuille pas quelque chose c’est la même chose: c’est un désir qu’il soit autre chose que ce qu’il y a ici et maintenant.

La responsabilité

Grégory Mutombo part d’un postulat: il n’y a pas de hasard. Or s’il n’y a pas de hasard, pourquoi les évènements qui nous déplaisent arrivent-ils ? Selon lui, la vie nous envoie tout ce dont nous avons besoin (évènements, rencontres…) pour que davantage d’amour émerge de nous a chaque instant. 

Pour l’ancien militaire : le bonheur demande deux qualités essentielles : la responsabilité et l’humilité. Nous sommes des champs magnétiques porteurs d’une information vibratoire qui appelle à elle sans cesse les mêmes causes générant les mêmes effets et on a juste à modifier la fréquence intérieure en la laissant vivre, en cessant de la juger, de la condamner, et on change ainsi l’information. Si on reconnait que l’on est responsable de ce que l’on vit, qu’il s’agit de notre création, c’est un soulagement qui prend place : nous n’avons pas à faire changer le monde ou les autres, nous avons les clés de notre bonheur. L’enfer est à l’intérieur, les autres sont là pour que cet enfer qu’on projette en permanence hors de soi, soit vu, conscientisé. Peu importe ce qui se passe autour de nous, c’est fait pour pointer en nous quelque chose, alors arrêtons de blâmer celui qui est juste un doigt et regardons là ce que ça montre en nous.

On ne peut pas se fuir, on se rencontre à travers les autres en permanence. On essaye tout le temps de ne pas se rencontrer en disant non aux autres, non je ne veux pas de toi, « toi t’es un con ». Qu’apporte-t-on au monde quand on est dans le constat permanent ? Il n’y a aucun intérêt, l’autre a besoin comme nous d’être vu au-delà des voiles. Notre cœur reste-t-il ouvert ou il y a-t-il jugement, condamnation et rejet ? Est-ce qu’on est heureux parce que notre environnement extérieur est apaisé et apaisant et qu’on a réussi a poussé hors de soi tous ceux qui nous confrontaient aux aspects incomplets de nous-mêmes, ou est-ce que ce bonheur est vraiment dans chacune de nos cellules ? C’est cela la mise à l’épreuve.

L’instant présent et le corps physique

On cherche le bonheur en dehors de nous pour ne pas ressentir la densité à l’intérieur. Quand on est dans l’instant présent, on sent remonter des peurs, des doutes, des colères, des frustrations. Gouter l’instant présent n’a rien d’agréable au début, la tête trouve des excuses et des stratégies pour fuir. Pour pouvoir gouter au bonheur, ça demande du courage.

Est-ce quand je sens une boule, une barre, une tension dans mon corps physique, je continue de croire que c’est la faute de l’autre, est-ce que ça apporte une solution ? Est-ce que je ne peux pas pour une fois, arrêter de croire que ça vient de l’extérieur, accepter de sentir dans mon corps quelque chose qui autre que mon état naturel qui amour, joie, paix, sérénité. Accepter n’est pas une action, c’est un état, j’arrête de faire la guerre en moi, de lutter contre le mouvement naturel de la vie qui me traverse, et j’installe de la paix et c’est très concret, tout le monde y a accès.  Dans la croyance collective on se dit que si on laisse circuler en nous les émotions, ça va exploser, mais c’est l’inverse, c’est du fait de la compression que ça explose. Lorsque je me libère d’une tristesse, d’une angoisse, c’est la joie qui prend place.

Pour Grégory Mutombo, la question n’est pas de savoir si oui ou non on va arriver à goûter au bonheur, mais combien de temps on va tenir à ne pas le faire ? Il ne faut rien pour être heureux, il faut quelque chose pour être malheureux.