Les études et les classements des pays les plus heureux se multiplient. Quels en sont les résultats et quelle en est la signification ? Embarquons pour un petit tour d’horizon du bonheur !

Les pays les plus heureux du monde

Créé en 2012 par l’Onu, le World Happiness Report classe 157 pays selon leur niveau de bonheur, en analysant les conditions de vie. Ce rapport se base notamment sur diverses données telles que le PIB par habitant, les aides sociales, l’espérance de vie en bonne santé, la liberté des choix de vie, la générosité, la corruption.  Au travers de ce classement, l’ONU cherche à influencer les politiques des gouvernements pour ériger bonheur et bien-être en tant qu’objectifs prioritaires des politiques publiques. Le top 10 des pays les plus heureux inclut en tête la Finlande, le Danemark, l’Islande, la Suisse, les Pays-Bas, le Canada, la Nouvelle Zélande, la Suède et l’Australie. La France quant à elle se classe 23e.

Une autre étude, celle de la Jacobs Foundation, menée entre 2013 et 2014, a cherché à savoir dans quels pays les enfants sont les plus heureux. L’enquête s’appuie sur des sondages adressés à des milliers d’enfants de 8 à 12 ans et originaires de 15 pays différents : Afrique du sud, Algérie, Allemagne, Grande-Bretagne (Angleterre), Colombie, Corée du Sud, Espagne, Estonie, Ethiopie, Israël, Népal, Norvège, Pologne, Roumanie et Turquie. Résultats, les enfants qui disent être les moins heureux sont ceux qui vivent en Afrique du Sud, en Angleterre et en Corée du Sud. A l’inverse, les petits Roumains, Colombiens et Espagnols sont ceux qui estiment être les plus heureux.

 

A chaque pays sa vision du bonheur

La culture joue un rôle important dans notre définition du bonheur. Le professeur Jeanne Tsai et ses collègues de l’université de Stanford ont comparé la représentation du bonheur au travers des contes pour enfants aux États-Unis et à Taïwan. Ils ont remarqué que pour les américains, le bonheur se manifeste par la gaieté et le dynamisme, tandis que pour les taiwanais, c’est davantage un état de paix et d’harmonie intérieure. Les émotions associées au bonheur sont donc fortes et grisantes pour les américains et moins intenses et plus sereines pour les indiens. Or ces différences seraient acquises dès l’enfance. Les chercheurs ont montré que dans les contes, les sourires américains occupaient en moyenne 15 % d’espace supplémentaire que ceux des contes taiwanais. Lorsqu’on demande aux enfants lequel des deux visages a l’air le plus heureux, les enfants Américains sélectionnent le visage le plus expressif avec une probabilité huit fois plus grande que les Taïwanais. Ainsi le modèle culturel dans lequel nous grandissons, nous apprendrait quelles émotions rechercher pour être heureux.

Dans «Le livre du Lykke», l’auteur danois Meik Wiking répertorie les bonnes pratiques de certains pays, pour approcher le bonheur. Chaque culture comporte ses habitudes et coutumes qui aident à mieux vivre. Il cite par exemple le « bain de forêt » à la japonaise. Il s’agit d’une balade en forêt le week-end qui allie méditation et contact avec la nature. Autres pratiques : faire du vélo comme les danois ou manger comme les français en y accordant du temps et donnant de l’importance à la convivialité !

 

Pays pauvres et pays riches

D’après l’étude des psychologues Shigehiro Oishi (université de Virginie) et Ed Diener (université de l’Illinois), menée dans 132 pays, les habitants des pays riches sont plus nombreux à se déclarer heureux. En revanche, ce bonheur ne signifie pas mener une vie qui a du sens, sentiment qui se retrouve davantage dans les pays pauvres. Pour le magazine New Yorker, c’est peut-être parce que «la pauvreté éloigne les gens du bonheur sur le court terme, et les incite à voir les choses sur le long terme, à se concentrer sur les relations qu’ils ont avec leurs enfants, leurs dieux et leurs amis, lesquelles deviennent plus chargées de sens avec le temps.» Il faut donc différencier le sentiment d’avoir une vie heureuse et celui d’avoir une vie remplie de sens. Le bonheur serait davantage lié à des «conditions de vie objectives», expliquent les chercheurs : bonne santé, sensation de bien-être, capacité d’acheter ce dont on a besoin. Le sens attribué à l’existence lui, se rapporterait plutôt aux relations sociales, au fait de s’occuper des autres, de se projeter dans des défis et de prier.

Sources: 

www.futura-sciences.com; www.slate.fr;  http://fr.euronews.com