Que ce soit par le film Mange, prie, aime avec Julia Roberts ou Into the Wild avec Emile Hirsch, le “solo traveling” ou l’art de voyager seul a été popularisé. Le nombre de voyageurs solitaires a augmenté si rapidement que des sites leurs sont maintenant consacrés. Bien plus que de simples vacances, voyager seul ouvre de nouvelles portes vers le bonheur.

Une quête initiatique

Mais pourquoi partir seul? Que recherche ces voyageurs? Les motivations sont variées: liberté, une rencontre avec soi, la possibilité de faire ce qu’ils/elles veulent, découvrir des horizons différents, faire une pause… « Pour certains, c’est l’occasion de passer à l’action après avoir tant rêvé. Pour d’autres, c’est simplement une façon de tuer le temps avant de décider quelle sera la prochaine étape de leur vie”, explique Marie-Julie Gagnon, journaliste québécoise et coauteur avec Ariane Arpin-Delorme du livre Le Voyage pour les filles qui ont peur de tout .

Les hommes seraient plutôt tentés par la réalisation d’une prouesse sportive. Quant aux femmes, elles préféreraient mener à bien un projet: rencontrer un maître spirituel, s’engager dans une association humanitaire, s’octroyer une pause dans leur couple ou travail…

« A l’époque des “aventurières en crinoline”, voyager seule constituait un défi à l’ordre masculin », raconte Franck Michel, anthropologue et président de l’association Déroutes & Détours « Aujourd’hui, nombre de celles qui prennent la route le font toujours avec ce fantasme de défier les conventions pour trouver la liberté. Mais elles s’opposent peut-être moins aux hommes et plus au mode de vie urbain, dans lequel elles se sentent étouffer. La plupart sont d’ailleurs cadres « indépendantes », aisées, à la recherche d’une forme de dénuement et d’authenticité. (…) Pour les plus jeunes, prendre la route revêt une dimension initiatique. On se coupe de son milieu, on s’immerge dans un lieu mystérieux où l’on prend des risques et d’où on revient plus fort, avec la reconnaissance des siens. C’est sur ce schéma que se déroulent les rites de passage dans les sociétés traditionnelles. »

 

Au delà de la peur

Oui mais seulement voyager seul, ça fait peur! Le psychiatre Régis Airault explique: « On peut agiter toutes sortes d’épouvantails pour ne pas se mettre à l’épreuve de l’inconnu : maladies, insectes, attentats… Ces peurs convenues cachent souvent des angoisses plus profondes. » Angoisse d’abandon, de mort, peur de faire face à des émotions enfouies… « Mais on n’a qu’une vie, encourage-t-il. Cela vaut la peine de dépasser ses peurs pour voir du pays ! ». Car au-delà de la peur s’ouvrent de nouveaux horizons.

« Que vous soyez un baroudeur de l’extrême, une personne en quête d’introspection ou à une étape charnière de votre vie, l’escapade en solo a une particularité: on ne peut plus mettre ses émotions en sourdine lorsque l’on se retrouve face à soi-même dans un pays étranger. Si on croit pouvoir les fuir, on est cuit. Il n’y a plus qu’une chose à faire: s’écouter », prévient Adeline Gressin, consultante en e-tourisme. Alors oui, beaucoup de voyageurs solos avouent passer par des moments difficiles: solitude, nostalgie, ennui, envie de pouvoir partager ce paysage ou cette aventure avec quelqu’un. Mais finalement, lorsque l’on voyage en solitaire, on ne le reste pas longtemps si l’on décide d’aller vers les autres et ce sont des rencontres magiques  qui se produisent. Voyager permet de se découvrir autrement, de s’ouvrir davantage aux autres et à l’aventure, et à travers ces rencontres avec les autres, avec les cultures, avec les lieux, vous vous rencontrez vous-mêmes un peu plus chaque jour. N’est-ce pas magnifique? Alors en avant!

Vous n’avez pas besoin de partir à l’autre bout du monde. Vous pouvez commencer par des destinations proches et des séjours courts. Mais attention, vous allez y prendre goût !

Sources: http://www.psychologies.com/ http://www.lalibre.be/ https://www.lexpress.fr/